Si l'individu tient debout dans l'espace, s'il se situe par rapport à son environnement et s'il s'équilibre dans le mouvement, c'est grâce à son système postural.
LES PATHOLOGIES DE CONTRAINTE OU DIFFÉRENTES EXPRESSIONS
DE LA MALADIE POSTURALE. CONSÉQUENCES DES TROUBLES STATIQUES.
* Le trouble statique est à la base de contraintes mécaniques (forces anormales pathologiques), ces contraintes peuvent être :
- en compression ;
- en distraction ;
- en rotation ;
- en torsion ;
- en cisaillement ;
- en impaction ; etc…
* Elles peuvent s'exercer à différents niveaux :
- articulaires ;
- capsulaires ;
- ostéoligamentaires ;
- musculaires ;
- tendineux ;
- aponévrotiques ; etc…
* Les conséquences seront nombreuses :
-à plus ou moins long terme, apparition de douleurs, de raideurs et de contractures;
-limitation des mouvements articulaires liée aux verrouillages musculaires et qui favorise ainsi le
dépôt d'arthrose («la vie c'est le mouvement» STILL);
Limitations et contractures réflexes vont provoquer une baisse du rendement musculaire, un épuisement des réserves de glycogène et une acidose. Chez le sportif : c'est le terrain des crampes, des claquages, des courbatures et des tendinites; mais également de la baisse des performances, ou de la non progression des performances, malgré l'entraînement.
Dans l'avenir, la principale façon d'améliorer les performances des sportifs de haut niveau, sera de reprogrammer leur système postural.
Le système postural possède différentes entrées ou “capteurs”. Deux de ces entrées dominent : le pied et l'œil, ce sont à la fois des extérocepteurs (exocapteurs) et des propriocepteurs (endocapteurs).
Si, sur le plan fonctionnel, l'oreille interne, fortement enchâssée dans le massif pétreux, se dérègle peu, il n'en est pas de même pour le pied et l'œil. Un léger défaut de convergence oculaire, ou une asymétrie podale peuvent provoquer un déséquilibre des chaînes musculaires posturales.
La posturologie permet donc de corriger le facteur mécanique de différentes affections du système locomoteur et vertébral, d'en mieux comprendre les diverses pathologies (scolioses, syndromes fémoropatélaires, fibromyalgies).
Dès le début du siècle dernier, Charles Bell posait le problème que tente de résoudre la posturologie : Comment un homme maintient-il une posture debout ou inclinée contre le vent qui souffle sur lui ?
Il est évident qu'il possède une aptitude à réajuster et à corriger tout écart par rapport à la verticale.
En fait, les différents travaux réalisés depuis plus d'une centaine d'années nous amènent à considérer le système postural comme un “tout structuré” à entrées multiples ayant plusieurs fonctions complémentaires :
Un léger défaut de convergence oculaire, ou une asymétrie podale, peut provoquer un déséquilibre des chaînes musculaires posturales ; diverses pathologies articulaires apparaîtront, elles ne seront pas la cause mais la conséquence du déséquilibre.
Ce trouble statique provoquera des sollicitations anormales sur tout le système locomoteur. Les contraintes articulo-capsulaires qu'il génère seront à la base de différents phénomènes pathologiques, algiques et inflammatoires souvent traités de manière purement symptomatique.
a posturologie permet donc de corriger le facteur mécanique de différentes affections du système locomoteur et vertébral, de mieux comprendre les diverses pathologies et d'apporter une correction étiologique en lieu et place des habituels traitements symptomatiques dont on connaît le coût, la iatrogénicité et les possibilités de récidives dans le temps.
En cas de déséquilibre tonique postural, les contraintes anormales provoquées par l'asymétrie des chaînes posturales seront génératrices de différentes pathologies aussi bien articulaires que ligamentaires ou musculaires.
Apprendre à analyser le système tonique postural, apprendre à examiner ses différents capteurs (le pied et l'oeil ne sont pas les seuls), à les corriger, voilà le but de la posturologie moderne.
Le traitement moyen est seulement de dix mois et nécessite un contrôle régulier pour suivre l'évolution des corrections. C'est le temps nécessaire pour réengrammer le bon schéma corporel.
Dans la plupart des cas la reprogrammation posturale est stable dans le temps et la correction des différents capteurs définitivement acquise. Les résultats sont rapides dans toutes les pathologies précitées, tout autre traitement sera alors complémentaire de la reprogrammation posturale globale.
La médecine du troisième millénaire se devra d'être étiologique…
Le médecin devrait être le pivot central d'une équipe transdisciplinaire de posturologie : il est le garant du diagnostic et le répartiteur des rôles.
Les postures et la rééducation vont dans le sens de la reprogrammation et agissent en synergie avec elle.
Au fil des séances il peut suivre l'évolution et contrôler la thérapeutique.
Chez le sportif, un travail adapté pourra renforcer l'action de la reprogrammation posturale.
Chez le patient scoliotique ou dans les séquelles neurologiques, la synergie avec les techniques classiques est indispensable si l'on veut espérer une amélioration conséquente.
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> Fig. 7 Exemples de contraintes sur une vue de 3/4 des vertèbres lombaires
De même les contraintes obliques aboutissent à plus ou moins long terme, à des blocages vertébraux fonctionnels.

On a tort de penser que c'est l'arthrose qui fait souffrir, l' arthrose et la douleur ont la même origine : la contrainte et le déséquilibre tonique postural qui la sous-tend.